Ceci est juste une approche
du phénomène du tatouage, il reste cependant beaucoup
de raisons et de croyances qui mériteraient d'être approfondies.
Si on devait analyser au fil des civilisations les motifs et les modes
opératoires il, faudrait écrire un livre très conséquent.
En aucun cas ce mini article n'est une incitation au tatouage, ni à
la critique.
En tant qu'expression artistique,
le tatouage est aussi éphémère que la vie humaine.
Il disparaît avec celui ou celle qui le porte. Les peintures rupestres,
les sculptures, les monuments sont par essence plus durable et peuvent
témoigner de la culture des civilisations disparues. Pourtant,
les tatouages sont des récits qui s'inscrivent eux aussi dans
l'histoire de l'art. Mais ils sont mal acceptés ou mal perçus.
Le tatouage provoque les
réactions les plus diverses : intérêt, étonnement,
admiration, respect, gêne, répulsion. Le tatoué
suscite un élan de sympathie chez les uns, des froncements de
sourcils chez les autres. On l'envie ou on a peur de lui. Que l'on soit
ignorant ou cultivé, large ou étroit d'esprit que l'on
aime ou non ce marquage du corps, le tatouage laisse toujours perplexe.
Cela s'explique bien sûr
par la complexité du sujet et par le fait que le tatouage a toujours
existé, qu'il est universel et qu'il est pratiqué pour
toutes sortes de raisons. Comme le faisait remarquer DARWIN, il n'existe
sur cette planète aucun peuple qui ne connaisse cette pratique.
QUELQUES RAISONS
Le tatouage, peut être le
fruit d'une décision réfléchie. Il peut aussi être
subi sous la contrainte ou demandé dans un moment d'exaltation,
parfois sous l'emprise de l'alcool ou de la drogue. Il se pratique dans
un cadre traditionnel et religieux, mais aussi par sadisme ou superstition.
Le tatouage peut effectivement avoir une fonction religieuse. Celui
qui veut s'assurer une place au Ciel attire l'attention du Dieu sur
sa personne. Les tatouages peuvent marquer certains événements
personnels : mariage, décès, anniversaire ou autres dates,
lieux paradisiaques ou mauvais souvenirs.
Les pèlerins - Coptes, Arméniens,
Musulmans, Chrétiens, Bouddhistes, ou Hindouistes se faisaient
tatouer fréquemment à l'occasion de pèlerinages,
que ce soit à Jérusalem, La Mecque ou Saint Jacques de
Compostelle.
Il signale de cette façon s'il est marié ou s'il attend
toujours l'être qu'il va aimer. La perte d'un proche, parent ou
ami, est particulièrement propice au tatouage. Les tatouages
marquant les étapes de la vie (puberté, maternité)
ont toujours cours dans certaines civilisations.
Les spirales et les lignes tatouées sur les visages des Maoris
évoquent clairement pour l'initié le passé et les
qualités de celui qui les porte. Ces dessins n'ont pas seulement
une fonction terrestre, ils jouent encore un rôle après
la mort, notamment lors du passage devant le juge des âmes.
Le tatouage peut aussi signer l'appartenance
à un groupe.
Les tatouages de HELL'S ANGELS ou des bandes de rue des grandes villes
Américaines (Chicanos), des triades chinoises et japonaises,
les divers signes de reconnaissance des groupes de rock en roll, tous
indiquent ou suggèrent l'appartenance à un milieu, à
un groupe ou à un mode de vie, notamment en Extrême Orient,
les " YAKUSAS ".
Les Marins, arborent le passage
du Cap Horn, de l'Equateur, du Cap de Bonne Espérance ou les
prénoms de leur femme.
Les Soldats eux se font tatouer le nom des batailles et les victoires
auxquelles ils participent ou l'insigne de leurs régiments. Les
Légions Romaines pratiquaient déjà ces rites pendant
l'Antiquité.

Certains de ces tatouages
servent aussi à donner des indications médicales, comme
le groupe sanguin, que les soldats SS se faisaient tatouer sur l'avant
bras. Cette pratique est encore en vigueur, dans les armées Américaine
et Anglaise, ainsi qu'aux légions étrangères
Française et Espagnole.
Bien sûr il faut évoquer les tatouages des détenus,
très fréquents dans le milieu pénitentiaire. Ils
traduisent une révolte contre la déshumanisation. C'est
le signe que le détenu ne se laisse pas aller, qu'il n'est pas
vaincu, que l'esprit est libre, même si le corps est prisonnier.
Parmi les signes utilisés par les bagnards, citons les trois
points tatoués entre le pouce et l'index signifiant " Mort
aux vaches " (en clair policiers), quatre points en forme de carré,
avec à l'intérieur un cinquième signifiaient "
Seul entre quatre murs "...
Cela se vérifie aussi bien
dans les cultures dites primitives que dans notre monde réputé
civilisé. Tout le monde reconnaît les signes propres à
certaines sous-cultures comme celles de punks, des skinheads ou des
rockers.
Quant à nous - les Bikers,
milieu où le tatouage a toujours été présent
- les symboles du rock sont particulièrement faciles à
décoder : ils sont imposants, lourds, monochromes souvent, mais
tendent à se colorer, à base de crânes, d'ailes,
de flammes, de marque de motos et d'abréviation comme "
F.T.W. " (" Fuck the World).
Ces symboles qui datent des années
50 et 60 et ont été popularisés par les Bikers
Américains qui ont fait de la moto un art de vivre, sillonnant
les Etats Unis tels des nomades.
Les premiers clubs de motards choquèrent les gardiens de la morale,
surtout les clubs qui avaient été fondés, après
la guerre 39-45, sur la côte Ouest comme les GALOPPING GOOSES,
Les PAGANS, Les MONGOLS et bien sûr les HELL'S ANGELS.
Ils choisirent leurs propres "
appliques " (nom donné dans ce milieu aux tatouages) et
si certaines n'avaient qu'un but " esthétique " d'autres
relataient des actions de " bravoure " ou des symboles chiffrés,
qu'ils portaient fièrement.
FIN du la première partie...