Le Tatouage
(part1) by GG

Ceci est juste une approche du phénomène du tatouage, il reste cependant beaucoup de raisons et de croyances qui mériteraient d'être approfondies. Si on devait analyser au fil des civilisations les motifs et les modes opératoires il, faudrait écrire un livre très conséquent. En aucun cas ce mini article n'est une incitation au tatouage, ni à la critique.

En tant qu'expression artistique, le tatouage est aussi éphémère que la vie humaine. Il disparaît avec celui ou celle qui le porte. Les peintures rupestres, les sculptures, les monuments sont par essence plus durable et peuvent témoigner de la culture des civilisations disparues. Pourtant, les tatouages sont des récits qui s'inscrivent eux aussi dans l'histoire de l'art. Mais ils sont mal acceptés ou mal perçus.
Le tatouage provoque les réactions les plus diverses : intérêt, étonnement, admiration, respect, gêne, répulsion. Le tatoué suscite un élan de sympathie chez les uns, des froncements de sourcils chez les autres. On l'envie ou on a peur de lui. Que l'on soit ignorant ou cultivé, large ou étroit d'esprit que l'on aime ou non ce marquage du corps, le tatouage laisse toujours perplexe.
Cela s'explique bien sûr par la complexité du sujet et par le fait que le tatouage a toujours existé, qu'il est universel et qu'il est pratiqué pour toutes sortes de raisons. Comme le faisait remarquer DARWIN, il n'existe sur cette planète aucun peuple qui ne connaisse cette pratique.

QUELQUES RAISONS

Le tatouage, peut être le fruit d'une décision réfléchie. Il peut aussi être subi sous la contrainte ou demandé dans un moment d'exaltation, parfois sous l'emprise de l'alcool ou de la drogue. Il se pratique dans un cadre traditionnel et religieux, mais aussi par sadisme ou superstition.
Le tatouage peut effectivement avoir une fonction religieuse. Celui qui veut s'assurer une place au Ciel attire l'attention du Dieu sur sa personne. Les tatouages peuvent marquer certains événements personnels : mariage, décès, anniversaire ou autres dates, lieux paradisiaques ou mauvais souvenirs.

 

Les pèlerins - Coptes, Arméniens, Musulmans, Chrétiens, Bouddhistes, ou Hindouistes se faisaient tatouer fréquemment à l'occasion de pèlerinages, que ce soit à Jérusalem, La Mecque ou Saint Jacques de Compostelle.
Il signale de cette façon s'il est marié ou s'il attend toujours l'être qu'il va aimer. La perte d'un proche, parent ou ami, est particulièrement propice au tatouage. Les tatouages marquant les étapes de la vie (puberté, maternité) ont toujours cours dans certaines civilisations.
Les spirales et les lignes tatouées sur les visages des Maoris évoquent clairement pour l'initié le passé et les qualités de celui qui les porte. Ces dessins n'ont pas seulement une fonction terrestre, ils jouent encore un rôle après la mort, notamment lors du passage devant le juge des âmes.

Le tatouage peut aussi signer l'appartenance à un groupe.
Les tatouages de HELL'S ANGELS ou des bandes de rue des grandes villes Américaines (Chicanos), des triades chinoises et japonaises, les divers signes de reconnaissance des groupes de rock en roll, tous indiquent ou suggèrent l'appartenance à un milieu, à un groupe ou à un mode de vie, notamment en Extrême Orient, les " YAKUSAS ".

Les Marins, arborent le passage du Cap Horn, de l'Equateur, du Cap de Bonne Espérance ou les prénoms de leur femme.
Les Soldats eux se font tatouer le nom des batailles et les victoires auxquelles ils participent ou l'insigne de leurs régiments. Les Légions Romaines pratiquaient déjà ces rites pendant l'Antiquité.

 

Certains de ces tatouages servent aussi à donner des indications médicales, comme le groupe sanguin, que les soldats SS se faisaient tatouer sur l'avant bras. Cette pratique est encore en vigueur, dans les armées Américaine et Anglaise, ainsi qu'aux légions étrangères
Française et Espagnole.
Bien sûr il faut évoquer les tatouages des détenus, très fréquents dans le milieu pénitentiaire. Ils traduisent une révolte contre la déshumanisation. C'est le signe que le détenu ne se laisse pas aller, qu'il n'est pas vaincu, que l'esprit est libre, même si le corps est prisonnier.
Parmi les signes utilisés par les bagnards, citons les trois points tatoués entre le pouce et l'index signifiant " Mort aux vaches " (en clair policiers), quatre points en forme de carré, avec à l'intérieur un cinquième signifiaient " Seul entre quatre murs "...

Cela se vérifie aussi bien dans les cultures dites primitives que dans notre monde réputé civilisé. Tout le monde reconnaît les signes propres à certaines sous-cultures comme celles de punks, des skinheads ou des rockers.

 

Quant à nous - les Bikers, milieu où le tatouage a toujours été présent - les symboles du rock sont particulièrement faciles à décoder : ils sont imposants, lourds, monochromes souvent, mais tendent à se colorer, à base de crânes, d'ailes, de flammes, de marque de motos et d'abréviation comme " F.T.W. " (" Fuck the World).

Ces symboles qui datent des années 50 et 60 et ont été popularisés par les Bikers Américains qui ont fait de la moto un art de vivre, sillonnant les Etats Unis tels des nomades.
Les premiers clubs de motards choquèrent les gardiens de la morale, surtout les clubs qui avaient été fondés, après la guerre 39-45, sur la côte Ouest comme les GALOPPING GOOSES, Les PAGANS, Les MONGOLS et bien sûr les HELL'S ANGELS.

Ils choisirent leurs propres " appliques " (nom donné dans ce milieu aux tatouages) et si certaines n'avaient qu'un but " esthétique " d'autres relataient des actions de " bravoure " ou des symboles chiffrés, qu'ils portaient fièrement.

FIN du la première partie...

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