Moto-macho sur nos chevaux fiscaux
By Bernard Faucher

Cette réflexion personnelle est née d'une courte discussion avec notre webmaster ; c'est ainsi que je lui ai promis un article sur la relation entre les motos Harley-Davidson et ceux qui les montent, c'est à dire nous les bikers.

Donc un article culturel et philosophique, qui participera à toutes les réflexions et informations de la section " culture biker " disponible sur le site web de notre honorable et vénérable chapter.

En effet, après les considérations mécaniques et temporelles décrites dans les 2 premiers articles de " culture biker " et l'apport historique sur les tatouages avec l'article de notre bien-aimé directeur, je vous propose de nous élever au firmament spirituel avec la substantifique moelle produite par le travail de nos neurones.
Ainsi cette substantifique moelle sera le résultat de l'optimisation pédagico-dictacielle du paralangage métacognitif et apoplectique en vue d'une séquence en pédagogie différenciée transdisciplinaire pour notre communauté de bikers. Maintenant, tout devient clair et transparent.


On pourra certes retrouver dans cette réflexion une convergence, bien que subliminale (c'est-à-dire sous le seuil, donc non visible) avec les très jolies pin-ups du mois qui s'exposent sur le site web de notre chapter en tenue parfois très très très légère, tenues qui ne tiennent pas compte des rigueurs hivernales.

Cette lecture signifie aussi un bon exercice de neurones que la faculté de médecine recommande, et à ce titre permet de maintenir l'équilibre entre temporel et spirituel selon le précepte "sanum corpus in mente sana" (traduction pour les lecteurs de "culture biker" selon l'évangile de St Bernardo : "un corps sain avec un esprit sain").

Je désire aussi informer les lecteurs et surtout les lectrices que, bien que la parité sexuelle soit à l'ordre du jour de notre civilisation et de la politique de notre pays en accord avec la déclaration des droits de l'homme et de la jurisprudence de la Cour de Justice Européenne, cette réflexion philosophique est fondée sur une analyse du passé. Donc le terme biker ne sera employé qu'au masculin et concerne donc les mâles .

Cette réflexion pourra donc sembler un peu macho et rétrograde, mais elle correspond à l'héritage et au témoignage du passé selon les investigations anthropologiques, ethnologiques et sociétales que j'ai réalisées avec le support et l'assistance scientifique de la faculté de sociologie de Montalivet.

Bien avant la moto, il y avait, et il y a encore, le cheval. L'homme le dompta pour le monter et ainsi partir en chasse et en guerre ; nous sommes quelques milliers d'années avant JC. Et le terme " homme " en ces temps-là (et parfois encore de nos jours), signifie le mâle, la puissance, le chef de clan ou de tribu.

Cette posture de domination tant vis-à-vis du cheval calé entre les 2 jambes du cavalier que vis-à-vis des " piétons situés à moindre hauteur" associée à une forte différence dans les vitesses de déplacements (entre galop et piéton), se traduit depuis les anciens temps par une échelle sociale : exemple avec l'aristocratie de la cavalerie par rapport à la piétaille de l'infanterie.

Ainsi, analysons les sentiments qui nous animent et nous traversent lors de certaines scènes de cinéma : qui ne frémit pas en regardant la charge de la cavalerie légère avec John Wayne ou les valeureux cosaques avec Yul Brynner, que ce soit par griserie de la vitesse ou le sentiment de puissance et de hauteur ! Et, des cosaques, sautons en arrière dans le temps et vers l'est dans l'espace, rappelons-nous les hordes guerrières d'Attila !

Bien sûr, il y eu des femmes guerrières, telles que les amazones. Mais on notera tout de suite la position de monte bien différente et moins dominatrice vis-à-vis du cheval. Cette position nécessite aussi une selle bien spécifique.

Si on se laisse glisser vers la sexualité, les parallélismes sont évidents et nombreux, tels que la déclinaison sémantique suivante le présente : 1° l'étalon monte la jument, 2° l'homme monte le cheval et donc in fine 3° l'homme monte la femme.
On retrouve ainsi déjà une prolongation sexuelle tant dans la sémantique que plus prosaïquement dans la posture.

Puis ensuite, c'est-à-dire quelques milliers d'années plus tard, arrive la moto avec une première analogie : à cheval ou à moto, c'est la même position pour le cavalier ou le biker ; ils sont tous les deux à califourchon sur une selle. Et puis, le cheval va à l'écurie et la moto au garage encore que lorsqu'il y en a plusieurs motos, notamment de compétitions, on parle aussi d'écurie de motos.

Cette analogie sémantique en français " monter un cheval, une femme ou une moto " se retrouve aussi en anglais avec le verbe " to ride " qui s'applique tant pour le cheval que pour la femme ou moto (Néanmoins, lorsque appliqué avec le terme " femme " et dans ces 2 langues, l'expression doit être considérée comme vulgaire).

A moto, on reprend les mêmes équipements et vêtements souvent de cuir que le cowboy, à commencer par la selle, le blouson, bottes, sacoches et autres artefacts et surtout les chaps, qui assimilent la monte d'une moto à un rodéo de bronco ! Le biker dompte les chevaux de sa machine !
Le sentiment macho n'a guère évolué depuis les temps de l'homme à cheval : quand on mentionne le biker, on parle de motard et je n'ai jamais entendu le terme motarde, ni bikeuse à ce jour.

A noter que le vélo aussi se monte (or to ride a bicycle en anglais), mais cet élément qui ne fait pas de bruit, se déplace plutôt lentement et fatigue le biker, ne sera considéré dans cette étude de haut niveau.

On notera que fort bizarrement les modèles HD (Roadking, Fatboy, Sporster, Dyna, Vrod, Softail , etc) sont au masculin ; ainsi le biker parlera de sa moto au féminin pour ensuite nommer le modèle au masculin, son roadking ou softail ou sportster. A noter que Softail se traduirait en français par "queue molle ou douce" ; certes, cela peut inquiéter notre biker macho, mais je le rassure tout de suite : en effet, "softail" est un mot issu de l'anglais, et "tail" signifie la queue, celle de derrière car celle de devant c'est "cock".

Mais revenons à notre réflexion sur les noms masculins des modèles de motos Harley Davidson. Serait-ce une ouverture vers d'autres mœurs sexuelles ? Que nenni, en fait il s'agit d'une traduction de l'anglais qui ne distingue point les genres, mais je souhaite pour ces braves anglais qu'ils sachent distinguer les sexes … enfin, ceci est une autre histoire et cela est leur affaire.

De plus, cette déviation avec le genre masculin utilisé pour nommer le modèle de moto ne remet point en jeu le machisme du biker ; il suffit pour s'en convaincre de regarder le spectacle des pin-ups vautrées sur nos montures selon les études graphiques présentées sur le site web de notre honorable et vénérable chapter.

Et les publicités et magazines relatifs aux motos Harley abondent aussi en machisme et mettent bien en avant les valeurs de la marque qui seraient alors : machisme, testostérone et femme soumise !


Attention cependant à ne pas prendre tout cela au premier degré. Piloter une moto Harley ne donne aucun droit de cuissage comme celui suggéré dans certaines photos de publicité ou de journaux. Vaut mieux préciser ce point de droit, des fois que ça donne des idées à certains
A ce titre, je précise aussi pour notre directeur, à la fois chef de meute et " road captain ", que le droit de cuissage par le chef de toutes les femelles du clan ou de la meute (aussi intitulé droit du seigneur) a été banni il y a quelque temps ? Peut-être qu'il regrette ces temps anciens ?

Le biker n'est pas un être isolé et il appartient à un chapter. Et ce chapter, n'est-il pas aussi une tribu, une meute, un clan avec une dimension rituelle, voire religieuse sans toutefois atteindre le stade monastique, car l'abstinence (que ce soit vin, jack daniel ou nanas) n'est point la règle chez nous.

Nous avons nos couleurs (comme pour une tribu), notre conseil de sages (le bureau) et une hiérarchie notamment dans nos déplacements (les femelles juste derrière le directeur assisté de quelques fidèles safeties et les vieux routards au fond de la classe pour ramasser les jeunots perdus). N'oublions pas non plus notre sorcier (le trésorier), mais il ne transforme pas encore le plomb en euros.

Et le convoi, avec ses règles, son chef et ses safeties, ne symbolise-t-il pas la meute ou la charge de la cavalerie légère ? Et notre amour des grands espaces et des grandes sorties rappelle les aventures des cowboys du Far West !

Et les cris de guerre de cette meute ou les sonneries des trompettes de la cavalerie légère sont les hurlements de nos sirènes ou de nos moteurs via leurs pots d'échappement (que l'on ne peut pas décemment qualifier de silencieux) parfois aux doux noms de "screaming eagle", c'est-à-dire aigle rugissant, ce qui n'est pas sans rappeler le Far West.

En effet "screaming eagle" est un nom utilisé dans de nombreuses tribus indiennes telles que Shoshone, Omaha, Cœur d'Alène, Séminole ou Péquot (notamment le Grand Chef Sachem Screaming Eagle). C'est aussi le logo de la fameuse 101ème Division Aéroportée qui s'illustra lors de la 2ème guerre mondiale. Ce logo vient du don d'un jeune aigle en 1861 par le chef Sky de la tribu des Chippewa à un habitant local du Wisconsin, qui ensuite le donna à un militaire qui en fit une mascotte de son unité et ensuite c'est une bien longue histoire et c'est une autre histoire …… et en bref il devint le logo de la 101ème Division des réserves basée à Milwaukee, Wisconsin, dont la 101ème Division Aéroportée est la descendante.

Alors en avant le chapter pour des cavalcades sauvages, avec nos Ladies of Harley et notre directeur road captain, le John Wayne du bicylindre en V, ou à la mode française, le grand chef Abraracourcix de la fameuse tribu girondine des Bituriges Vivisques (tribu ô combien réputée pour ses bitures comme son patronyme l'indique!).